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Chemin de Compostelle : Pourquoi partir ?

    Quand on me posait cette question, j’hésitais toujours. Beaucoup de raisons m’ont poussée à partir, seule, sur le pélerinage. Une part pour l’aventure, la soif de l’exploration, une autre pour l’évasion, la connexion à la nature et à soi. 

    Après un an à vivre à moitié enfermée, le besoin de liberté a crié plus fort que moi. Et c’est fin juillet 2021 que j’ai enfilé mes chaussures et pris la route.

    Aujourd’hui, dans cet article, je partage les choses qui ont fait mon bonheur sur le chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Les choses qui vont plairont sûrement, si vous aussi vous envisagez de marcher jusqu’à Santiago 😉.

    Randonner sur le chemin de saint jacques de compostelle - nous randonnons

    1. Se reconnecter à soi

    C’était un choix, dès le début, de partir seule. Voyager ou randonner seul.e n’offre pas la même expérience qu’accompagné. Ce ne sera pas non plus le même voyage si vous êtes à deux, trois, cinq, voire plus. 

    Je suis partie seule, parce que j’avais besoin de passer du temps avec moi, de me retrouver. Parfois, il m’arrivait de partager deux ou trois jours de marche avec d’autres pèlerins, mais je ressentais le besoin de me retrouver. De me plonger à nouveau dans le calme. 

    Ce pèlerinage m’a appris à mieux cerner mes envies, à les accepter pour mieux les exprimer. De prendre des décisions par moi-même. 

    J’ai aussi appris à sympathiser avec l’individu que je suis. Mieux comprendre, accepter mes choix passés et futurs, et ce processus commence, dès les premiers kilomètres, sur la randonnée. En prenant la route seule, j’ai été livrée à moi-même, j’ai été en immersion totale dans la nature, rien ni personne ne venait dicter mes actions et pensées, j’étais totalement libre de m’exprimer, de prendre des risques, de choisir mon rythme de marche, de m’aventure sur un autre chemin, de faire demi-tour, de photographier. J’étais libre avec moi, et la nature. 🙌

    Pour consolider mes propos, un homme d’une quarantaine d’années, que j’ai rencontré sur le parcours, recommandait à un couple le pèlerinage en solitaire. C’est une tout autre expérience, et d’après lui, à partir du 3ème jour, on commence à se reconnecter à soi. C’est une quête spirituelle

    Le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle est avant tout un pèlerinage, et sans surprise, c’est une majorité de personnes seules qui partent. Si vous n’aimez pas la solitude, vous rencontrerez rapidement d’autres pèlerins, et peut-être rejoindrez un groupe. 

    Dons si vous avez besoin d’une pause, le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle permettra de vous reconnecter à vous-même. 😀

    Randonner sur le chemin de saint jacques de Compostelle - nous randonons
    Première journée sur le chemin en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle.

    ASTUCE 🤓: Pour vous préparer au pèlerinage, lisez : Quel budget pour le chemin de Compostelle ? 

    2. Se plonger dans la nature

    Partir marcher sur le camino de Santiago, c’est profiter d’un cadre exceptionnel. Très vite, dès le premier jour, j’ai été plongée dans les montagnes, qui offrent des vues panoramiques sur l’océan. 

    J’ai même du mal à trouver les mots pour décrire la beauté. 😍 Sur le camino del Norte, les sentiers passent à proximité de l’eau, j’ai profité de points de vue à couper le souffle, entre montagnes et océans

    J’ai randonné, aussi, près des champs, traversé des forêts, longé des rivières, croisé des milliers de vaches, de chèvres, de chevaux, d’ânes, continué de marcher dans des prairies vallonnées. 

    Pour vivre l’expérience intensément, je suis partie avec ma tente, ainsi, je dormais la majorité du temps dans la nature, je me suis réveillée avec la lumière naturelle du soleil et le sifflement des oiseaux. ☀☀ 

    En pleine nature, c’est la déconnexion totale. Même les villages que j’ai traversés n’ont rien à envier des villes françaises. C’était chaleureux, beau. J’ai visité des villes, tous les jours, c’est ce qui m’a permis de me restaurer, de faire quelques courses. Ces villes, en général, se traversent rapidement, sont près de la côte, permettent de profiter de l’eau et des vues sur les falaises. 

    Si vous avez besoin de quitter l’agitation de la ville, de vous ressourcer dans la campagne, le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle est fait pour vous.😀

    Etre en autonomie sur le chemin de saint jacques de compostelle
    À comillas, j'ai été accueillie par un homme, en plein travaux, il m'a trouvé une place dans son jardin.
    Partir sur le pèlerinage de saint jacques de compostelle - nous randonnons

    3. Se concentrer sur l'essentiel

    Pendant mon pèlerinage, j’ai souvent expliqué que je dormais dans une tente. Certains trouvaient ça fou, s’amusaient de mon style de vie, d’autres trouvaient l’idée géniale, envisageant même de me piquer l’idée pour leur prochaine randonnée. 

    J’expliquais que mon sac était, en quelque sorte, ma maison pour le mois. J’adore cette philosophie. De me dire que j’ai tout dans mon sac. Juste le nécessaire, pas de superflu. 🙌

    Pendant ces jours de marche, je ne me suis pas préoccupée de savoir quel t-shirt je devais mettre avec quel bas. La question ne se posait pas, je n’en avais qu’un seul. De même pour les repas, j’avais un réchaud, je marchais sans me demander où sera mon prochain lieu de repos. J’avais ce qu’il fallait : des pâtes, du pain, des fruits, etc. Juste le nécessaire.  

    Mon esprit était libre, mes préoccupations allégées. Je me concentrais uniquement sur la marche. Ce qui n’exclut pas l’idée de m’offrir de temps à autre, une tablette de chocolat, un morceau de chocolat ou de la charcuterie. 😅

    L’essentiel, je ne le trouvais pas uniquement dans mon sac. Ce sont les choses qui ont organisé ma vie au quotidien. Les interactions, les rires, les encouragements, les salutations, tout ça, ce sont des choses qui n’ont pas leur place dans mon sac. Et pourtant, c’est ça qui m’a le plus nourri durant tout le mois.

    Elles sont essentielles, aussi. C’est elles qui m’ont donné le sourire, qui m’ont fait dire que j’étais au bon endroit, que j’aimais ce que je faisais.

    Si vous avez besoin de vous concentrer sur l’essentiel, peut-être de faire le tri dans votre vie, le pèlerinage en autonomie est ce qu’il vous faut. 😀

    Randonner vers saint-jacques de compostelle - nous randonnons
    Petite pause pour grignoter, sur le chemin.
    Partir seule vers saint jacques de compostelle - nous randonnons
    Avant d'arriver à Sobrado, un homme, Luis, a m'a conduite à ce joli endroit.

    ASTUCE 🤓: Soyez prêt pour votre marche vers Compostelle, consultez l’article : Que manger sur le chemin de Compostelle ?

    4. Rencontrer et partager

    Ce qui m’amène à évoquer mes rencontres. Sûrement, mon plus beau souvenir. 🧡

    Ce sont les échanges qui ont rythmé mon pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. J’ai parlé avec de nombreuses personnes, aussi bien avec d’autres pèlerins qu’avec des locaux.

    Ce fut une très belle surprise, parce que je ne m’y attendais pas, du tout. Je ne pensais pas être accostée, aidée, encouragée par autant de locaux. Curieux d’en savoir plus sur moi et mon pèlerinage, ils m’interpellaient régulièrement : “Où est-ce que tu vas ? ”, “D’où viens-tu ?”, “Tu vas jusqu’à Saint-Jacques ? “Et tu es seule ? ” “Bon chemin ! ”, “Bon voyage ! ”. “C’est par ici.”, “Et, tu t’es trompée, c’est par là qu’il faut passer.”.  

    C’est chaleureux. J’ai même rencontré des locaux avec qui j’ai partagé quelques kilomètres, discuté plusieurs minutes, parfois ils ne parlaient pas Français, mais ils essaient quand même, sûrement pour le plaisir d’échanger, ce qui m’a fallu un “Bonsoir” en guise d’au revoir à 11h. J’ai trouvé chaque conversation adorable, bienveillante, unique. Je les ai adorées. 

    Je pense que cette expérience m’a rapproché encore plus de l’être humain. Être plus dans l’échange, dans le partage. J’ai beaucoup reçu de la part des pèlerins et des locaux, ils m’ont aidé, offert leur hospitalité, partagé leur repas, accueilli chez eux, dans leur jardin. Je me suis surprise, à mon tour, à vouloir donner, ne serait-ce qu’un morceau de chocolat. Parce que ça réconforte.😁

    C’était beau. J’en garde un merveilleux souvenir. Alors, juste pour ça, juste pour les rencontres, je vous encourage à vous lancer dans l’aventure.

    Si vous prévoyez de pèleriner, je vous garantis que vous ferez de belles rencontres. Certains itinéraires sont plus fréquentés que d’autres, renseignez-vous pour choisir celui qui saura vous faire voyager comme dans vos rêves.😀

    Randonner un mois vers saint jacques de compostelle - nous randonnons
    Fin de journée, on se repose avec un compagnon de marche, en profitant de la vue sur l'océan.
    Partir sur la randonnée de saint jacques de Compostelle - Nous randonnons

    5. Se défier sportivement

    Le pèlerinage est un chemin accessible à beaucoup. Il n’y a pas de parcours demandant de la technique, certes, des montagnes sont à franchir, parfois le dénivelé est important, mais rien de plus.

    Sur le pèlerinage, j’ai rencontré quelques sportifs, là pour le défi d’aligner le plus de kilomètres. En marchant avec eux, mon rythme était plus soutenu, ça ne m’a pas déplu, je me suis accordée moins de méditation devant les paysages. Certains aussi se lancent le challenge d’arriver à Saint-Jacques-de-Compostelle en 27 jours, 23 jours, 20 jours. 💪

    Seule, j’aimais marcher jusqu’à ce que la fatigue pointe son nez, je calculais le soir, le nombre de kilomètres parcourus. Puisque je randonnais en autonomie, je n’avais pas de point de chute, j’allais au-delà de l’étape recommandée, pour m’éloigner, encore un peu plus. J’avais mon propre rythme. Mais c’était aussi, un moyen de me surpasser, d’avancer toujours plus loin. 

    Sur une randonnée aussi longue, il fallait minimiser les risques, éviter les blessures et les tendinites. J’ai appris à être vigilante, à écouter mon corps fatigué les premiers jours pour me garantir l’énergie et la force suffisantes jusqu’à la fin. C’était nouveau pour moi, qui a l’habitude de faire plus vite, d’enchaîner. Il a fallu accepter de prendre le temps, pour réussir.  🙄🙊

    Si vous avez soif d’aventures sportives, les chemins vers Saint-Jacques-de-Compostelle sauront vous séduire. Il existe plusieurs routes, selon vos désirs de découvertes, le temps de marche souhaité et la difficulté, vous trouverez celle qui vous convient. 😀

    6. Sortir de sa zone de confort

    Partir en pèlerinage, c’est aussi se bousculer, changer ses habitudes pour découvrir autre chose. Sans savoir ce qui nous attend. On peut avoir peur, c’est vrai, que partir seule en tant que femme et jeune – je l’ai beaucoup entendu – peut être dangereux. Pourtant, tout s’est bien passé. Parfois, il faut mieux apprendre par soi-même, expérimenter et se faire notre propre idée. De la vie. 🙌

    J’ai décidé de ne pas écouter. Et de faire ce que je voulais vraiment, au fond de moi. Et je suis partie. 

    C’est une façon de me faire violence, d’aller de l’avant. 💪

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